Mon premier trajet en train en Thaïlande, je l’ai commencé avec beaucoup trop de nourriture et pas assez de vêtements. À Bangkok, je transpirais sur le quai ; quelques heures plus tard, je regrettais mon sweat resté au fond du gros sac. Depuis, je prépare mes trajets autrement : une couche en plus, un petit sac bien pensé et surtout une vérification attentive de la gare de départ.
Le train n’est pas toujours le moyen le plus rapide, ni forcément le moins cher face à un vol en promotion. Mais pour traverser le pays tranquillement, regarder les paysages et parfois économiser une nuit d’hôtel, je le trouve souvent plus agréable que le bus.
Le train en Thaïlande : pour quels trajets ?
Je le regarde surtout pour remonter vers Ayutthaya, Phitsanulok ou Chiang Mai, rejoindre le nord-est, ou descendre vers certaines villes du sud. Sur les grandes lignes, le choix va du train ordinaire avec banquettes aux services de nuit avec couchettes. Tous les départs ne proposent donc pas le même confort.
Il faut aussi regarder où les rails s’arrêtent réellement. Pour les îles du golfe, le trajet implique généralement une correspondance routière puis un bateau. Pour Phuket, il n’existe pas de gare sur l’île : un billet présenté comme « train pour Phuket » comprend nécessairement une autre étape.
Ma règle est simple : je compare le trajet complet, porte à porte. Un train bon marché qui arrive loin de mon hébergement, avec une correspondance compliquée, peut perdre une bonne partie de son intérêt.
Bien choisir sa place sans exploser son budget
La troisième classe pour les trajets courts
Pour quelques heures, une place assise dans un train ordinaire peut très bien faire l’affaire. Le confort reste simple, avec des sièges parfois durs et une ventilation qui dépend du matériel. J’aime cette formule quand j’ai peu de bagages et aucune obligation d’arriver frais comme un gardon.
Sur certains parcours courts ou intermédiaires, on trouve des billets autour de 20 à 150 bahts, soit environ 0,50 à 4 €, à titre indicatif. Ce n’est pas une promesse de tarif : le prix dépend du trajet, du train et de la classe. Pour les équivalences de cet article, je compte approximativement 40 bahts pour 1 €.
La deuxième classe couchette pour la nuit
C’est généralement mon meilleur compromis pour une longue distance. En soirée, le personnel transforme les sièges en couchettes, avec literie et rideaux selon la voiture. On dort dans un espace partagé, pas dans une chambre privée.
Je prends plutôt la couchette du bas quand elle reste disponible. Elle est généralement plus large et plus facile d’accès ; celle du haut coûte souvent un peu moins cher. En revanche, l’éclairage et la climatisation peuvent gêner davantage en hauteur selon la voiture.
Pour une grande liaison de nuit, je prévois souvent 800 à 1 600 bahts, soit environ 20 à 40 €, à titre indicatif pour une couchette climatisée. Certains services ou parcours sortent de cette fourchette. Je compare toujours le tarif réel avant de réserver.
La première classe si l’intimité compte vraiment
Quand elle existe sur le train choisi, la première classe propose généralement des compartiments à deux couchettes. Attention : acheter une seule place ne signifie pas forcément privatiser le compartiment. Je vérifie les conditions exactes avant de payer, surtout si je voyage seul.
Où réserver son billet sans payer des frais inutiles ?
Je commence par le site officiel D-Ticket des chemins de fer thaïlandais. Il permet de consulter les services proposés à la vente et de comparer les places disponibles. Une agence peut rendre service, notamment pour un trajet combiné, mais elle ajoute parfois ses propres frais.
Au guichet, je prépare le nom de ma destination, la date et, si possible, le numéro du train repéré. Une capture d’écran évite les malentendus. Je garde aussi mon passeport à portée de main : les renseignements demandés doivent correspondre à ceux du voyageur.
Pour les couchettes, je réserve dès que mon programme est suffisamment stable, surtout autour des fêtes thaïlandaises et des gros départs. Les délais d’ouverture des ventes peuvent varier selon le train et le parcours : mieux vaut vérifier que se fier à une règle trouvée sur un vieux forum.
- Je contrôle la date, la gare de départ et la gare d’arrivée.
- Je vérifie la classe, la climatisation éventuelle et la couchette choisie.
- Je lis les conditions de modification et de remboursement.
- Je télécharge le billet pour l’avoir sans connexion et je respecte les consignes de présentation indiquées.
Une confirmation d’agence n’est pas toujours le titre permettant de monter directement à bord. S’il faut récupérer un billet ailleurs, je veux le savoir avant le jour du départ, pas en arrivant sur le quai.
À Bangkok, vérifier la gare plutôt que suivre une vieille habitude
Voilà une erreur qui peut coûter un trajet en taxi et beaucoup de stress. Une grande partie des trains longue distance partent de Krung Thep Aphiwat Central Terminal, dans le secteur de Bang Sue. Pourtant, Hua Lamphong reste en service pour certains trains : les deux noms ne sont pas interchangeables.
Je me fie à la gare écrite sur mon billet, jamais seulement à « Bangkok » dans une conversation. Je montre son nom complet au chauffeur et je contrôle l’itinéraire sur mon téléphone. Pour les transports en commun, je vérifie aussi le chemin entre la station d’arrivée et le hall ferroviaire.
Dans une grande gare que je ne connais pas, j’essaie d’arriver environ une heure avant. Ce n’est pas une obligation officielle, juste ma marge personnelle pour trouver le bon espace, acheter de l’eau et comprendre l’affichage sans courir.
Ce que je garde dans mon petit sac
Une fois les couchettes installées, fouiller une grosse valise devient vite pénible. Je prépare donc un sac que je peux garder près de moi, sans encombrer le passage. L’idée n’est pas de déménager toute ma salle de bains.
- Un sweat ou une chemise légère contre la climatisation.
- Des bouchons d’oreilles et un masque de nuit.
- De l’eau et un repas simple, peu odorant.
- Du papier toilette, des mouchoirs et du gel pour les mains.
- Une batterie externe, sans compter sur une prise disponible.
- Mon passeport, mon téléphone et mon portefeuille dans une pochette fermée.
Pour l’eau et un repas à emporter, je prévois à titre indicatif 80 à 200 bahts, soit environ 2 à 5 €, selon mes achats. Je préfère acheter avant de monter plutôt que supposer qu’un service de restauration sera présent à bord.
Je prends aussi des chaussures faciles à remettre. Les toilettes et les déplacements dans une voiture en mouvement ne sont pas le moment idéal pour se promener pieds nus. Et je ne laisse pas mes objets importants en évidence pendant que je dors.
Prévoir les retards et les correspondances
Un horaire ferroviaire reste un horaire prévu, pas une garantie d’arrivée à la minute. Certains trajets se passent sans problème, d’autres prennent du retard. Je ne colle donc jamais un vol international ou un bateau difficile à remplacer juste après une longue nuit de train.
Pour une correspondance vers une île, je regarde qui prend en charge chaque étape et ce qui se passe si le train arrive tard. Acheter plusieurs transports ensemble ne signifie pas automatiquement que toutes les correspondances sont garanties. Les conditions du vendeur comptent davantage que la présentation rassurante du forfait.
Quand l’enjeu est important, je garde une nuit de marge. C’est moins séduisant sur un programme serré, mais souvent moins cher qu’un billet perdu. À l’arrivée, je compare aussi les transports locaux avant d’accepter le premier chauffeur venu.
Les petites erreurs que j’évite désormais
Je ne descends pas acheter quelque chose pendant un arrêt sans savoir combien de temps il dure. Un quai animé donne facilement l’impression qu’on a le temps ; ce n’est pas une information fiable. Je garde mes achats pour avant le départ ou après l’arrivée.
Je n’improvise pas non plus une traversée des voies pour rejoindre un quai. Je suis les passages autorisés et les indications du personnel. Pour une photo, aucune économie de quelques mètres ne vaut le risque.
Enfin, je ne programme pas une grosse journée dès l’arrivée d’un train de nuit. Une couchette permet de se reposer, mais entre les mouvements, les annonces et les voisins, ce n’est pas forcément une vraie nuit. Je vérifie si mon hébergement peut garder mon sac avant que la chambre soit disponible.
Mon conseil personnel : pour un premier essai, choisis un trajet direct, avec une arrivée en journée et une marge confortable. Le train devient vraiment agréable quand on cesse de lui demander de faire gagner chaque minute du voyage.



